Vous avez demandé deux ou trois devis pour votre site, et les réponses vont de « gratuit » à plus de 10 000 €. C’est normal : le prix d’un site internet pour un artisan dépend surtout de qui le fabrique, et de ce qu’on met dedans. Ce guide vous donne les fourchettes réellement constatées en 2026, les coûts qu’on oublie de vous annoncer, et une méthode simple pour comparer des devis qui n’ont rien à voir entre eux.
Les vraies fourchettes de prix en 2026
Il existe quatre grandes façons d’avoir un site. Quatre budgets, quatre niveaux d’implication. Les chiffres ci-dessous sont des ordres de grandeur constatés sur le marché français en 2026 — pas des promesses, pas des prix d’appel.
| Solution | Budget constaté | Le site vous appartient ? |
|---|---|---|
| Faire soi-même (Wix, Squarespace…) | 10 à 35 € par mois, plus vos soirées | Non : vous louez un outil |
| Site « en location » (abonnement) | De quelques dizaines à 300 € par mois, engagement souvent de 48 mois | Rarement — lisez le contrat |
| Freelance ou studio indépendant | 1 000 à 5 000 € | Oui, si le contrat le prévoit |
| Agence web | 3 000 à 10 000 €, parfois bien plus | Oui, en général |
Faire soi-même : le moins cher en euros, le plus cher en heures
Les éditeurs en ligne comme Wix ou Squarespace facturent entre 10 et 35 € par mois pour une formule correcte, avec votre propre nom de domaine. Sur le papier, c’est la porte d’entrée la moins chère. En vrai, il faut ajouter la ressource la plus rare chez un artisan : le temps. Choisir un modèle, écrire les textes, trouver les photos, comprendre comment être trouvé sur Google… comptez des dizaines d’heures. Un plombier gagne mieux sa vie sur un chantier que devant un éditeur de site.
Et si votre budget est réellement de zéro pour l’instant, une page Facebook bien tenue et une fiche Google peuvent dépanner le temps de démarrer. On a pesé le pour et le contre dans notre comparatif site internet ou page Facebook.
La location de site : lisez le contrat avant de signer
Des commerciaux démarchent les artisans avec un « site clé en main, sans rien à avancer », facturé au mois. Le principe n’est pas malhonnête en soi : la maintenance et l’hébergement sont inclus. Le problème, c’est le total. Sur un engagement classique de 48 mois, une mensualité de 150 € représente 7 200 € — le prix de deux ou trois sites sur-mesure. Et à la fin, le site ne vous appartient généralement pas : si vous arrêtez de payer, il disparaît. Ajoutez la reconduction tacite, avec une résiliation à envoyer en recommandé plusieurs mois avant l’échéance, et vous comprenez pourquoi tant d’artisans se sentent piégés.
Avant de signer ce type de contrat, faites une seule opération : la mensualité multipliée par la durée d’engagement. Puis demandez ce qu’il vous reste si vous partez.
Freelance ou studio indépendant : le cœur du marché
C’est là que se situent la plupart des sites d’artisans. Comptez de 1 000 à 3 000 € pour un site vitrine simple mais professionnel : cinq à sept pages, un design propre, vos textes retravaillés. Et de 2 500 à 5 000 € pour du vrai sur-mesure : design unique, textes écrits pour votre métier, référencement travaillé dès la construction. C’est le terrain de notre studio, installé à Montbéliard : la création de site vitrine sur-mesure, avec un devis fixe annoncé sous 48 h.
L’avantage de cette formule : vous payez une fois, le site est à vous, et vous parlez à la personne qui fait le travail.
L’agence : pour les projets plus lourds
À partir de 3 000 € et jusqu’à 10 000 € ou davantage. Vous payez une équipe : chef de projet, designer, développeur, réunions de suivi. C’est justifié pour un gros catalogue, de la vente en ligne complexe ou des besoins techniques particuliers. Pour le site vitrine d’un électricien ou d’une boulangerie, c’est souvent surdimensionné.
Ce qui fait vraiment varier le prix
Deux devis pour « un site vitrine » peuvent aller du simple au quintuple. Voici ce qui creuse l’écart :
- Le nombre de pages. Un site de 5 pages et un site de 15 pages, ce n’est pas le même chantier.
- Qui écrit les textes. Si le prestataire rédige pour vous (votre métier, vos prestations, votre zone d’intervention), le devis monte — mais le résultat aussi. Un site aux textes bâclés ne convainc personne.
- Template ou sur-mesure. Un modèle tout fait habillé à vos couleurs coûte moins cher qu’un design conçu pour vous. La différence se voit : le template ressemble à des milliers d’autres sites.
- Les fonctionnalités. Formulaire de demande de devis, prise de rendez-vous en ligne, galerie de chantiers, avis clients : chaque brique ajoute du travail.
- Le référencement. Un site peut être beau et invisible sur Google. Structure, vitesse, textes pensés pour les recherches locales : ce travail-là se paie, et c’est souvent lui qui ramène des clients.
- L’accompagnement après la mise en ligne. Qui fait les mises à jour ? Qui répond quand quelque chose casse ?
Exemple concret : pour un garagiste, un site de 6 pages avec prise de rendez-vous en ligne coûtera logiquement plus cher que les 5 pages de présentation d’une électricienne. Ce n’est pas le métier qui fait le prix, c’est le contenu du devis.
Les coûts cachés (et comment les repérer)
Le nom de domaine et l’hébergement
Le nom de domaine, c’est votre adresse (monentreprise.fr) : comptez une dizaine d’euros par an pour un .fr. L’hébergement, c’est le serveur qui fait tourner le site : quelques euros par mois pour un site vitrine. Des montants modestes, mais deux pièges classiques : le prix d’appel de la première année, qui grimpe au renouvellement — demandez toujours le tarif de l’année 2 — et le nom de domaine déposé au nom du prestataire au lieu du vôtre. Exigez qu’il soit enregistré à votre nom : c’est votre adresse, pas la sienne.
La maintenance
Un site a besoin d’un minimum d’entretien : mises à jour de sécurité, sauvegardes, petites corrections. Certains devis l’incluent la première année, d’autres la facturent au mois ou à l’intervention. Ce n’est pas un piège en soi — c’est un piège quand ce n’est écrit nulle part et que la facture arrive après.
Le « site à 0 € »
Personne ne travaille gratuitement. Un site « offert » est toujours payé ailleurs : un abonnement obligatoire, des options facturées, un engagement long. Quand une offre annonce zéro euro, cherchez la ligne du contrat qui dit combien vous paierez chaque mois, pendant combien de temps, et ce qui vous reste à la fin. La réponse est souvent : rien.
Comment comparer des devis qui n’ont rien à voir
Cinq questions à poser à chaque prestataire. Notez les réponses côte à côte :
- Le prix est-il fixe, ou « à partir de » ? Un devis fixe vous protège des suppléments en cours de route.
- Qu’est-ce qui est inclus, précisément ? Rédaction des textes, photos, mentions légales, optimisation pour Google : inclus, en option, ou à votre charge ?
- Combien me coûtera l’année 2 ? Domaine, hébergement, maintenance : le total annuel, écrit noir sur blanc.
- À qui appartiennent le site et le nom de domaine ? La bonne réponse : à vous.
- Que se passe-t-il si on se sépare ? Vous devez pouvoir partir avec votre site, vos textes et votre adresse.
Un devis à 1 500 € tout compris peut être meilleur qu’un devis à 900 € où les textes, le domaine et la maintenance sont « en sus ». Comparez des périmètres, pas des chiffres.
Et si le budget est trop juste ?
Des aides à la numérisation des petites entreprises existent, selon votre région et votre situation. Le portail public France Num en recense une partie, et votre CCI ou votre chambre de métiers peut vous orienter. Les dispositifs évoluent souvent : on a fait le point dans notre guide des aides pour créer le site internet de votre TPE.
Ce qu’il faut retenir
- Un site vitrine professionnel pour un artisan : de 1 000 à 5 000 € en une fois, puis 100 à 400 € par an pour le domaine, l’hébergement et l’entretien.
- Le bon comparatif n’est pas le prix affiché, mais le coût total sur 4 ans — c’est là que les abonnements et les « sites à 0 € » révèlent leur vrai prix.
- La propriété n’est pas un détail : le site et le nom de domaine doivent être à vous.
Prochaine étape : écrivez vos besoins sur une page (vos prestations, votre zone, ce que le site doit déclencher — appels, demandes de devis, rendez-vous), demandez deux ou trois devis, et posez les cinq questions ci-dessus. Vous saurez très vite qui est sérieux.