Combien coûte un site internet pour un artisan ?

Par Semih Basak — Le Studio Web, Montbéliard · Mis à jour le 1 juillet 2026

Vous avez demandé deux ou trois devis pour votre site, et les réponses vont de « gratuit » à plus de 10 000 €. C’est normal : le prix d’un site internet pour un artisan dépend surtout de qui le fabrique, et de ce qu’on met dedans. Ce guide vous donne les fourchettes réellement constatées en 2026, les coûts qu’on oublie de vous annoncer, et une méthode simple pour comparer des devis qui n’ont rien à voir entre eux.

Les vraies fourchettes de prix en 2026

Il existe quatre grandes façons d’avoir un site. Quatre budgets, quatre niveaux d’implication. Les chiffres ci-dessous sont des ordres de grandeur constatés sur le marché français en 2026 — pas des promesses, pas des prix d’appel.

SolutionBudget constatéLe site vous appartient ?
Faire soi-même (Wix, Squarespace…)10 à 35 € par mois, plus vos soiréesNon : vous louez un outil
Site « en location » (abonnement)De quelques dizaines à 300 € par mois, engagement souvent de 48 moisRarement — lisez le contrat
Freelance ou studio indépendant1 000 à 5 000 €Oui, si le contrat le prévoit
Agence web3 000 à 10 000 €, parfois bien plusOui, en général

Faire soi-même : le moins cher en euros, le plus cher en heures

Les éditeurs en ligne comme Wix ou Squarespace facturent entre 10 et 35 € par mois pour une formule correcte, avec votre propre nom de domaine. Sur le papier, c’est la porte d’entrée la moins chère. En vrai, il faut ajouter la ressource la plus rare chez un artisan : le temps. Choisir un modèle, écrire les textes, trouver les photos, comprendre comment être trouvé sur Google… comptez des dizaines d’heures. Un plombier gagne mieux sa vie sur un chantier que devant un éditeur de site.

Et si votre budget est réellement de zéro pour l’instant, une page Facebook bien tenue et une fiche Google peuvent dépanner le temps de démarrer. On a pesé le pour et le contre dans notre comparatif site internet ou page Facebook.

La location de site : lisez le contrat avant de signer

Des commerciaux démarchent les artisans avec un « site clé en main, sans rien à avancer », facturé au mois. Le principe n’est pas malhonnête en soi : la maintenance et l’hébergement sont inclus. Le problème, c’est le total. Sur un engagement classique de 48 mois, une mensualité de 150 € représente 7 200 € — le prix de deux ou trois sites sur-mesure. Et à la fin, le site ne vous appartient généralement pas : si vous arrêtez de payer, il disparaît. Ajoutez la reconduction tacite, avec une résiliation à envoyer en recommandé plusieurs mois avant l’échéance, et vous comprenez pourquoi tant d’artisans se sentent piégés.

Avant de signer ce type de contrat, faites une seule opération : la mensualité multipliée par la durée d’engagement. Puis demandez ce qu’il vous reste si vous partez.

Freelance ou studio indépendant : le cœur du marché

C’est là que se situent la plupart des sites d’artisans. Comptez de 1 000 à 3 000 € pour un site vitrine simple mais professionnel : cinq à sept pages, un design propre, vos textes retravaillés. Et de 2 500 à 5 000 € pour du vrai sur-mesure : design unique, textes écrits pour votre métier, référencement travaillé dès la construction. C’est le terrain de notre studio, installé à Montbéliard : la création de site vitrine sur-mesure, avec un devis fixe annoncé sous 48 h.

L’avantage de cette formule : vous payez une fois, le site est à vous, et vous parlez à la personne qui fait le travail.

L’agence : pour les projets plus lourds

À partir de 3 000 € et jusqu’à 10 000 € ou davantage. Vous payez une équipe : chef de projet, designer, développeur, réunions de suivi. C’est justifié pour un gros catalogue, de la vente en ligne complexe ou des besoins techniques particuliers. Pour le site vitrine d’un électricien ou d’une boulangerie, c’est souvent surdimensionné.

Ce qui fait vraiment varier le prix

Deux devis pour « un site vitrine » peuvent aller du simple au quintuple. Voici ce qui creuse l’écart :

Exemple concret : pour un garagiste, un site de 6 pages avec prise de rendez-vous en ligne coûtera logiquement plus cher que les 5 pages de présentation d’une électricienne. Ce n’est pas le métier qui fait le prix, c’est le contenu du devis.

Les coûts cachés (et comment les repérer)

Le nom de domaine et l’hébergement

Le nom de domaine, c’est votre adresse (monentreprise.fr) : comptez une dizaine d’euros par an pour un .fr. L’hébergement, c’est le serveur qui fait tourner le site : quelques euros par mois pour un site vitrine. Des montants modestes, mais deux pièges classiques : le prix d’appel de la première année, qui grimpe au renouvellement — demandez toujours le tarif de l’année 2 — et le nom de domaine déposé au nom du prestataire au lieu du vôtre. Exigez qu’il soit enregistré à votre nom : c’est votre adresse, pas la sienne.

La maintenance

Un site a besoin d’un minimum d’entretien : mises à jour de sécurité, sauvegardes, petites corrections. Certains devis l’incluent la première année, d’autres la facturent au mois ou à l’intervention. Ce n’est pas un piège en soi — c’est un piège quand ce n’est écrit nulle part et que la facture arrive après.

Le « site à 0 € »

Personne ne travaille gratuitement. Un site « offert » est toujours payé ailleurs : un abonnement obligatoire, des options facturées, un engagement long. Quand une offre annonce zéro euro, cherchez la ligne du contrat qui dit combien vous paierez chaque mois, pendant combien de temps, et ce qui vous reste à la fin. La réponse est souvent : rien.

Comment comparer des devis qui n’ont rien à voir

Cinq questions à poser à chaque prestataire. Notez les réponses côte à côte :

  1. Le prix est-il fixe, ou « à partir de » ? Un devis fixe vous protège des suppléments en cours de route.
  2. Qu’est-ce qui est inclus, précisément ? Rédaction des textes, photos, mentions légales, optimisation pour Google : inclus, en option, ou à votre charge ?
  3. Combien me coûtera l’année 2 ? Domaine, hébergement, maintenance : le total annuel, écrit noir sur blanc.
  4. À qui appartiennent le site et le nom de domaine ? La bonne réponse : à vous.
  5. Que se passe-t-il si on se sépare ? Vous devez pouvoir partir avec votre site, vos textes et votre adresse.

Un devis à 1 500 € tout compris peut être meilleur qu’un devis à 900 € où les textes, le domaine et la maintenance sont « en sus ». Comparez des périmètres, pas des chiffres.

Et si le budget est trop juste ?

Des aides à la numérisation des petites entreprises existent, selon votre région et votre situation. Le portail public France Num en recense une partie, et votre CCI ou votre chambre de métiers peut vous orienter. Les dispositifs évoluent souvent : on a fait le point dans notre guide des aides pour créer le site internet de votre TPE.

Ce qu’il faut retenir

Prochaine étape : écrivez vos besoins sur une page (vos prestations, votre zone, ce que le site doit déclencher — appels, demandes de devis, rendez-vous), demandez deux ou trois devis, et posez les cinq questions ci-dessus. Vous saurez très vite qui est sérieux.

Questions fréquentes

Quel est le prix moyen d'un site internet pour un artisan ?

Pour un site vitrine réalisé par un professionnel, les devis constatés en 2026 vont d'environ 1 000 à 5 000 € selon le nombre de pages, le niveau de sur-mesure et ce qui est inclus (textes, photos, référencement). En agence, les budgets démarrent plutôt vers 3 000 €.

Un site à 50 € par mois, c'est une bonne affaire ?

Faites le calcul sur la durée totale d'engagement : 50 € par mois pendant 48 mois, c'est 2 400 € — souvent pour un site qui ne vous appartient pas et qui disparaît si vous arrêtez de payer. Comparez toujours le coût total sur 4 ans et vérifiez qui est propriétaire du site et du nom de domaine.

Quels coûts prévoir après la mise en ligne ?

Au minimum : le nom de domaine (une dizaine d'euros par an) et l'hébergement (quelques euros par mois). Selon votre contrat, ajoutez la maintenance et les mises à jour. Pour un site vitrine classique, comptez de 100 à 400 € par an environ.

Existe-t-il des aides pour financer le site d'un artisan ?

Oui, selon votre région et votre situation : le portail public France Num recense les aides à la numérisation des petites entreprises, et votre CCI ou votre CMA peut vous orienter. Les dispositifs changent régulièrement — vérifiez les conditions avant de compter dessus.

Un devis fixe, annoncé sous 48 h, sans surprise en cours de route.