Vous préparez la création du site internet de votre TPE, et vous avez entendu parler d’aides, de subventions, d’un « chèque numérique » ? Prudence : sur ce sujet, internet regorge de pages périmées qui promettent des dispositifs disparus depuis des années. Ce guide fait le tri — les aides à la création de site internet réellement disponibles en 2026, leurs conditions, et la bonne façon de s’y prendre pour ne pas passer à côté.
La mauvaise nouvelle d’abord : le chèque de 500 € n’existe plus
Beaucoup d’artisans et de commerçants se posent la question du « chèque France Num » : 500 € versés par l’État pour financer la numérisation des petites entreprises. Ce dispositif a bien existé — plus de 112 000 entreprises en ont bénéficié — mais c’était une mesure de crise, liée au Covid. Le guichet est fermé depuis le 31 juillet 2021.
Retenez le réflexe que cette histoire enseigne : avant de compter sur une aide, vérifiez sa date. Les dispositifs de soutien au numérique naissent, changent et disparaissent vite, et les articles qui en parlent restent en ligne bien après leur fermeture.
Aides à la création de site internet : ce qui existe en 2026 au niveau national
France Num, le point de départ
France Num, c’est l’initiative du gouvernement pour la transformation numérique des TPE et PME. Le portail francenum.gouv.fr ne verse pas d’argent, mais il rend trois services précieux :
- un annuaire des aides financières, nationales et régionales, tenu à jour — le bon endroit pour vérifier ce qui est ouvert sur votre territoire ;
- des guides pratiques et des autodiagnostics pensés pour les non-spécialistes ;
- les « Activateurs France Num » : des conseillers et prestataires référencés, engagés à offrir un premier rendez-vous gratuit.
Dix minutes sur ce portail public vous éviteront des heures de lecture sur des sites commerciaux.
Le prêt Boost de Bpifrance : un prêt, pas une subvention
Au niveau national, le principal outil de financement dédié est le prêt Boost Transformation numérique de Bpifrance : de 5 000 à 100 000 €, sans garantie personnelle, remboursable sur 3 à 5 ans. La création d’un site internet ou d’une boutique en ligne fait partie des dépenses finançables.
Ses conditions écartent toutefois beaucoup de petites structures : il faut compter de 2 à 49 salariés et plus de 3 ans d’existence, et les entreprises individuelles sont exclues. Et rappelons l’évidence : un prêt se rembourse. Il a du sens pour un projet numérique global — site, logiciel de gestion, équipement —, rarement pour un site vitrine seul.
Le crédit d’impôt : n’y comptez pas pour un site classique
Il n’existe pas de crédit d’impôt « création de site internet ». Le crédit d’impôt innovation, souvent agité par des sites commerciaux, vise les PME qui conçoivent des produits réellement nouveaux — son taux a d’ailleurs été ramené à 20 % des dépenses éligibles depuis 2025, et le dispositif court jusqu’à fin 2027. Le site vitrine d’un électricien ou d’une boulangerie n’entre pas dans ce cadre. Méfiez-vous de qui vous promet le contraire.
La vraie économie fiscale est plus simple. Si votre entreprise est imposée au régime réel, le coût de votre site est une charge déductible, ou un investissement amortissable sur plusieurs années : il vient réduire votre bénéfice imposable. En micro-entreprise, en revanche, l’abattement forfaitaire remplace la déduction des frais réels — le site ne se déduit pas. Votre expert-comptable tranchera pour votre situation.
En Bourgogne-Franche-Comté : le DIGIT PASS
L’essentiel des subventions au numérique se joue au niveau régional. Notre studio étant installé à Montbéliard, prenons le cas de la Bourgogne-Franche-Comté.
La Région propose le DIGIT PASS, destiné aux entreprises de moins de 20 salariés réalisant moins de 2 millions d’euros de chiffre d’affaires, avec leur siège dans la région. Deux volets : une aide au conseil (prise en charge d’une partie d’une prestation d’accompagnement, jusqu’à 80 %) et une aide à l’investissement numérique (subvention pouvant atteindre 32 000 € selon le dernier règlement publié).
Deux points à connaître avant de bâtir votre budget dessus :
- Un site vitrine seul n’est pas éligible. Le règlement exclut le simple site de présentation, comme la simple mise à jour d’un site existant. Le projet doit transformer plus largement votre façon de travailler : vente en ligne, prise de commande et paiement, gestion de la relation client…
- La demande se dépose avant tout début d’exécution, sur la plateforme de subventions en ligne de la Région. Un devis signé avant le dépôt rend la dépense inéligible.
Les règlements régionaux évoluent régulièrement : vérifiez les conditions en vigueur dans le guide des aides de la Région Bourgogne-Franche-Comté, ou posez la question à votre CCI avant de compter sur un montant précis.
Vous êtes ailleurs en France ? Le principe reste le même : chaque région a sa propre politique. L’annuaire de France Num et le site les-aides.fr, tenu par le réseau des CCI, permettent de filtrer les dispositifs par territoire.
CCI et CMA : l’accompagnement gratuit qu’on oublie
Avant de chercher de l’argent, cherchez du conseil — celui-là est souvent gratuit.
- Pour les artisans, le réseau des chambres de métiers et de l’artisanat propose Performa Numérique : un autodiagnostic en ligne d’une dizaine de minutes, puis, si vous le souhaitez, un état des lieux approfondi avec un conseiller et un plan d’action.
- Pour les commerçants et les sociétés, les CCI proposent des diagnostics numériques équivalents, avec des conseillers dédiés.
Ces conseillers ont un double intérêt : ils connaissent les aides réellement ouvertes sur votre territoire — y compris les coups de pouce ponctuels d’un département ou d’une agglomération, impossibles à suivre de l’extérieur — et ils vous aident à monter les dossiers.
Un mot enfin sur la formation. Si votre objectif est d’apprendre à gérer vous-même votre site, votre fiche Google ou vos réseaux, la formation du dirigeant peut être prise en charge : fonds d’assurance formation (FAFCEA pour les artisans, AGEFICE pour les dirigeants du commerce) ou compte personnel de formation. Pour la fiche Google justement, on a écrit un guide pas à pas de la fiche Google Business — elle, au moins, est gratuite.
Les quatre règles d’or avant de demander une aide
- Déposez la demande avant de signer quoi que ce soit. La quasi-totalité des subventions exigent que la demande précède le début du projet. C’est la première cause de dossiers refusés.
- Vérifiez la date du dispositif. Une page qui vante une aide sans date récente parle peut-être d’un guichet fermé depuis trois ans. Croisez toujours avec l’annuaire de France Num ou votre CCI.
- Méfiez-vous des vendeurs de « site gratuit grâce aux subventions ». Personne ne peut vous garantir une aide publique avant l’instruction de votre dossier. Un démarcheur qui construit son argumentaire là-dessus prépare généralement un abonnement longue durée, dont le coût total dépasse largement l’aide espérée.
- Comparez le coût total, pas le montant de l’aide. Une subvention de 500 € sur un site surfacturé de 2 000 € reste une mauvaise affaire. Chiffrez d’abord le projet au juste prix : notre guide sur le prix d’un site internet pour artisan donne les fourchettes réelles du marché.
Et si vous n’avez droit à aucune aide ?
C’est, honnêtement, le cas le plus fréquent pour un site vitrine : micro-entreprise exclue du prêt Boost, site de présentation seul hors du champ du DIGIT PASS… Beaucoup de TPE passent entre les mailles.
Ce n’est pas une raison pour renoncer. Un site bien fait n’est pas une dépense de confort : c’est l’outil qui vous rend trouvable et crédible auprès de clients qui, eux, vous cherchent déjà sur Google. Ramené à sa durée de vie — cinq ans et souvent davantage —, un site vitrine professionnel revient de l’ordre de quelques dizaines d’euros par mois.
Notre façon de rendre cet investissement lisible, avec ou sans subvention : un devis fixe annoncé sous 48 h pour une création de site vitrine sur-mesure dont vous êtes propriétaire. Pas d’abonnement, pas de surprise en cours de route.
Votre plan d’action en cinq étapes
- Faites l’autodiagnostic gratuit de votre CMA ou de France Num : une dizaine de minutes pour situer vos besoins.
- Appelez votre CCI ou votre CMA avec une question simple : « quelles aides à la numérisation sont ouvertes en ce moment pour mon entreprise ? »
- Croisez la réponse avec l’annuaire des aides de francenum.gouv.fr, filtré sur votre région.
- Faites chiffrer votre projet — sans rien signer si une demande d’aide est envisagée.
- Déposez la demande, attendez l’accusé de réception, puis lancez le projet.
Et si, au bout du compte, aucune aide ne s’applique à votre situation, vous aurez au moins gagné un diagnostic gratuit, un projet chiffré et une décision prise en connaissance de cause. C’est déjà plus que la plupart des dossiers n’en obtiennent.